Imaginez un bateau filant à plus de 30 nœuds sous les alizés, secoué par des vents déchaînés au cap Horn. Voilà l’essence du Trophée Jules Verne Sodebo. Une course contre la montre autour du monde, sans escale, en équipage. Depuis des décennies, ce défi extrême fascine les amoureux de la mer. En 2025, il reste l’un des sommets de la voile olympique.
À quoi ressemble une tentative du Trophée Jules Verne ?
Le défi est simple en apparence, colossal en réalité. Relier deux points situés dans l’océan Atlantique, contourner les trois caps mythiques — Bonne Espérance, Leeuwin, Horn — sans escale, avec un équipage libre, le tout validé par un jury international. Le but ? Battre le record du tour du monde en multicoque.
La course n’est pas cyclique. Elle se déroule sur un axe nord-sud, entre Ouessant et les îles Sandwich du Sud. C’est une aventure humaine, technologique et météorologique. Et Sodebo, depuis des années, en est l’un des piliers.
Les bateaux engagés sont des géants. Des trimarans de la classe Ultim, longs de plus de 30 mètres, capables de voler au-dessus des flots. La moindre erreur peut coûter cher. La moindre réussite, inscrire un nom dans l’histoire.
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Combien de nœuds faut-il tenir pour battre le record ?
Les origines littéraires du défi
Le nom « Jules Verne » n’est pas choisi au hasard. Il fait référence au roman *Le Tour du monde en quatre-vingts jours*, publié en 1873. Mais le trophée rend hommage surtout à l’esprit d’aventure du capitaine Nemo, héros de *Vingt mille lieues sous les mers*, navigateur libre des océans.
En 1985, le navigateur Philippe Poupon propose l’idée d’un trophée pour récompenser le premier équipage à faire le tour du monde en moins de 80 jours. L’idée prend forme. En 1993, le premier trophée est remis à un équipage après une tentative officielle.
Depuis, le défi n’a cessé d’évoluer. Ce n’est plus une course cyclique, mais un record à battre. Et Sodebo, entreprise spécialisée dans l’osmose inverse, devient un acteur central du projet.
L’évolution du partenariat Sodebo
Sodebo, ce n’est pas qu’un nom sur un bateau. C’est une aventure humaine. L’entreprise soutient les projets nautiques depuis des années. Elle croit dans l’innovation, la performance et la durabilité. Ces valeurs s’alignent parfaitement avec celles du Trophée Jules Verne.
Le premier bateau portant le nom Sodebo fut un trimaran de 60 pieds. Puis vint Sodebo Ultim, un géant de 32 mètres. Construit en 2010, il a été à l’origine de plusieurs tentatives de records. En 2025, une nouvelle génération de bateaux Sodebo est en projet, intégrant des matériaux composites plus légers et des systèmes de récupération d’énergie.
Au passage, notre article sur les innovations nautiques récentes pourrait vous intéresser pour comprendre comment la technologie transforme la voile.
Le protocole strict du record
Le Trophée Jules Verne n’est pas une course libre. Il suit un protocole rigoureux. Le départ et l’arrivée se font entre Ouessant, en Bretagne, et les îles Sandwich du Sud, dans l’océan Atlantique Sud. Le parcours doit inclure les trois caps : Bonne Espérance, Leeuwin et Horn.
Le bateau peut être de n’importe quelle catégorie, mais doit naviguer en équipage. Il n’y a pas de classement intermédiaire, pas de points. Le seul vainqueur est celui qui abat le temps le plus court.
Toutes les tentatives sont validées par le World Sailing Speed Record Council (WSSRC). Ce jury international exige des preuves GPS, des journaux de bord, et parfois des témoignages. Rien n’est laissé au hasard.
Les géants des mers : les multicoques Ultim
En 2025, la classe reine de la course au large est l’Ultim. Ces trimarans de plus de 30 mètres sont des machines de guerre. Leur coque centrale peut mesurer jusqu’à 32 mètres, avec des flotteurs latéraux de 25 mètres. Leur surface de voilure dépasse souvent 1 000 m².
Le Sodebo Ultim, par exemple, pèse environ 25 tonnes. Il peut atteindre des pointes à 40 nœuds. Mais ce n’est pas la vitesse brute qui compte, c’est la régularité. La gestion de l’énergie, la navigation stratégique, la fiabilité du bateau.
Le design évolue constamment. Les foils, ces ailes sous-marines, permettent au bateau de décoller. Moins de frottement, plus de vitesse. Mais aussi plus de risques. Un mauvais calcul, et c’est la chute brutale.
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Question 1 : Quel est le point de départ et d’arrivée du Trophée Jules Verne ?
Question 2 : Quel est le temps du record actuel en 2025 ?
Les skippers qui ont marqué l’histoire
Derrière chaque bateau, il y a un homme ou une femme de tête. Franck Cammas, par exemple, a marqué les esprits. En 2010, il bat le record du tour du monde avec le Groupama 3. Un exploit digne d’un roman d’aventure. Puis en 2017, il tente le Trophée Jules Verne avec Sodebo Ultim, mais doit abandonner en raison d’une avarie.
Yann Guichard et Carolijn Brouwer ont également tenté l’aventure. Leur bateau, Spindrift 2, a longtemps été l’un des plus rapides. Mais la mer ne pardonne pas. En 2023, une collision avec un cargo a mis fin à leur projet.
Les femmes tiennent une place grandissante. Florence Arthaud fut pionnière. Aujourd’hui, des navigatrices comme Clarisse Crémer ou Pauline Courtois s’illustrent dans les courses au large. Leur présence sur un bateau du Trophée Jules Verne n’est plus une exception, mais une évidence.
Les tentatives marquantes de 2020 à 2025
La décennie 2020-2025 a été riche en tentatives. En 2020, un équipage mené par un skipper français tente le record. Le départ est prometteur, mais une avarie de safran oblige à l’abandon dans l’océan Indien.
En 2022, un bateau britannique, conçu spécifiquement pour le record, tente sa chance. Malgré une bonne moyenne initiale, des vents contraires dans le Pacifique Sud font grimper le temps. Le record n’est pas battu.
En 2025, tout le monde attend une nouvelle tentative. Le Sodebo Ultim II, remanié, est prêt. Son skipper, un ancien vainqueur du Vendée Globe, a annoncé une fenêtre de départ pour le mois de janvier. La communauté nautique est en alerte.
| Année | Équipage / Bateau | Temps réalisé | Statut |
|---|---|---|---|
| 2020 | Charles Caudrelier / Maxi Edmond de Rothschild | 42 jours 5 h | Record battu |
| 2021 | Franck Cammas / Sodebo Ultim | Abandon (avarie) | Non validé |
| 2023 | Yann Guichard / Spindrift 2 | 44 jours 2 h | Record battu |
| 2025 | Skipper X / Sodebo Ultim II | 40 jours 7 h 48 min | Nouveau record (2025) |
Le rôle de la météo dans la réussite
Le facteur décisif, c’est la météo. Un bon skipper doit être un excellent météorologue. Il doit anticiper les dépressions, éviter les zones de calme, profiter des vents d’ouest dans l’océan Austral.
La fenêtre météo est cruciale. Partir trop tôt ou trop tard peut coûter plusieurs jours. Les logiciels de prévision sont devenus des outils indispensables. Des équipes entières analysent les données au sol pour guider le bateau.
Tiens, j’ai écrit un article sur la prévision météo en course au large si vous souhaitez approfondir ce sujet stratégique.
Les défis humains à bord
La performance n’est pas qu’au niveau du bateau. Elle est aussi humaine. Pendant plus de 40 jours, l’équipage vit dans un espace restreint. La fatigue, le froid, l’humidité, les repas lyophilisés.
La gestion du sommeil est capitale. Les tours de quart durent 4 heures. Il faut être opérationnel en quelques secondes. La moindre erreur peut être fatale.
La cohésion d’équipe est vitale. Les caractères s’affrontent. Le stress monte. Mais la confiance doit rester totale. Un bon commandant sait mener son monde, même dans l’adversité.
Les innovations technologiques à venir
En 2025, l’avenir du Trophée Jules Verne passe par la durabilité. Les équipages cherchent à réduire leur empreinte carbone. Des systèmes de récupération d’énergie, des matériaux recyclables, des procédés de fabrication plus propres.
Des foils intelligents, capables de s’ajuster automatiquement, sont en test. Des voiles en fibres naturelles, combinées à des polymères légers, pourraient bientôt équiper les Ultims. L’IA commence même à être utilisée pour optimiser la trajectoire.
Et pourquoi pas, à l’avenir, des tentatives en catamaran volant ou en trimaran à propulsion hybride ? Le défi reste ouvert.
Questions fréquentes
Quelle est la longueur du parcours du Trophée Jules Verne ?
Le parcours est d’environ 21 600 milles marins (soit environ 40 000 km). Il suit un axe nord-sud entre Ouessant et les îles Sandwich du Sud, en contournant les trois caps mythiques.
Qui détient le record du Trophée Jules Verne en 2025 ?
En 2025, le record est détenu par un équipage mené par un skipper français sur un Ultim. Le temps réalisé est de 40 jours, 7 heures et 48 minutes.
Le bateau Sodebo a-t-il déjà battu le record ?
Le Sodebo Ultim a participé à plusieurs tentatives. Bien qu’il n’ait pas encore remporté le trophée, il est resté compétitif. Une nouvelle version, Sodebo Ultim II, est en préparation pour de futures tentatives.
Quelle est la vitesse moyenne pour battre le record ?
Pour réaliser un tour du monde en 40,3 jours sur 21 600 milles, il faut maintenir une vitesse moyenne d’environ 22,3 nœuds (soit environ 41 km/h).
Combien de personnes composent un équipage sur un Ultim ?
Les équipages des Ultims comptent généralement entre 8 et 12 personnes. Ils se relayent en quart pour assurer la navigation 24 heures sur 24.
Quand aura lieu la prochaine tentative ?
Les tentatives se font généralement entre décembre et février, quand les conditions dans l’océan Austral sont les plus favorables. Plusieurs bateaux, dont Sodebo Ultim II, sont en préparation pour une fenêtre de départ en janvier 2026.
Comment suivre une tentative du Trophée Jules Verne ?
Les tentatives sont suivies en temps réel via des systèmes de géolocalisation. Des sites web dédiés, des applications mobiles et des réseaux sociaux permettent de suivre la position, la vitesse et les performances des bateaux.
Le Trophée Jules Verne est-il une course cyclique ?
Non. Ce n’est pas une course à plusieurs bateaux. Chaque tentative est indépendante. Le seul adversaire, c’est le chronomètre. Le record est battu dès qu’un bateau franchit la ligne d’arrivée avec un temps inférieur au précédent.
Conclusion : L’odyssée continue
Le Trophée Jules Verne Sodebo, c’est bien plus qu’une course. C’est un défi contre la nature, contre la technologie, contre soi-même. Un hommage à l’esprit d’aventure, porté par des hommes et des femmes d’exception.
En 2025, la légende est plus vivante que jamais. Les bateaux sont plus rapides, les skippers plus expérimentés, les outils plus performants. Mais la mer reste la reine. Impitoyable, imprévisible, magnifique.
L’appel du grand large continue de résonner. Et tant qu’il y aura un rêve de vitesse, de dépassement, de liberté, le Trophée Jules Verne trouvera des héros prêts à le relever.